Exposition, Maison des Arts

discours_social

"Fragments d'un discours social"
et Dominique DELPOUX "Double Je, photographies"

Du 16 juin au 18 août 2012



Maison des Arts, Conches
du mardi au samedi de 14h à 17h30
Tél. 02.32.30.76.42

 

 

« Fragments d’un discours social »

Ce qui réunit ses images c’est peut être une certaine école du regard qui nous donne à voir le monde, à le voir vraiment, réconciliant esthétique et politique. Eclectiques, ces photographies sont issues de genres et d’époques différentes, mais un même objet demeure, l’homme.

Cette exposition est aussi une histoire de la photographie. Qu’ils soient issus de la photographie documentaire, comme August Sander, ou Dorothea Lange, de la tradition du reportage comme Claude Sauvageot, Werner Bischof, Capa, ou encore de la photographie humaniste et sociale, comme Sebastiao Salgado, ils ont tous marqué à leur manière l’histoire de la photographie.

Ici, la photographie est « cet instrument d’élargissement de la conscience sociale, nous donnant moyen d’exprimer notre respect et notre affirmation à la vie », selon les mots de l’américain Lewis HINE. Quand le photographe s’interroge, s’engage, témoigne, il ne peut s’agir ni de banalisation, ni de sensationnalisme, mais assurément d’une « probité du regard », comme nous le montre Marc RIBOUD. D’autres, dans un style plus à vif, comme William KLEIN, photographe engagé dans la lutte des noirs américains, nous rappelle que les photographes n’ont pas toujours fait que photographier le monde. Certains ont aussi essayer de le changer.

August Sander, photographe allemand du XXème siècle est le fondateur du style documentaire, avec ces chroniques réalisées sur un demi-siècle de portraits photographiques dressant le portrait typologique des Allemands de la république de Weimar. De même, le projet Farm Security Administration aux Etats-Unis de 1935 à 1942, commandé par le gouvernement américain pour sensibiliser l’opinion face à la crise économique et la misère des fermiers a révélé les grands photographes américains Walker Evans, Dorothea Lange.

Ci-dessus, Dorothéa Lange, Migrant mother, Californie, 1936 ; Marc Riboud, Aciéries, 1976

 

« Etre un passant utile, pas un badaud. Recueillir les traces, parfois des murs entiers, et de gros blocs de fragments humains…. Même lorsque devant l’objectif se trouve une scène très dure, la seule façon de l’approcher – d’en prendre un bout pour la montrer – c’est de la photographier. »

Robert Van der Hilst

 

Dominique Delpoux, "Double Je"

« La photographie produit du temps arrêté » dit Dominique qui traque l'instant suspendu avec la patience de celui qui n'attend rien. Pour le saisir de son objectif, il parcourt visages et lieux d'un regard documentaire aussi pudique que curieux. A l'exact opposé du reportage, ses chroniques colorées assistent la mémoire du souvenir, dont la fuite efface les hommes et leurs traces éphémères.
Anthropologue discret, D. Delpoux préfère les gens aux faits. Il en expose la dualité singulière et la singularité plurielle. Au cœur de ses clichés nichent toujours une identité et sa vérité. Les instantanés entrent dans le vif du sujet, sans pathos ni cliché, mais avec infini respect.
(Mathilde Annaud, 2007)

Le « Double Je » : Série réalisée de 1999 à 2003.
En prolongement de l'articulation Avant/Après ("Les Hommes du Chantier"), la quête de la dualité mène à saisir les facettes contextualisées d'une même réalité. Chaque individu est présenté dans deux environnements distincts, objets d'un nouveau diptyque thématique. Le premier portrait est saisi dans le milieu professionnel, le second est mis en scène dans un cadre choisi par le modèle. Une vingtaine de représentants de catégories sociales diverses (pilote d'avion, artisan, président du directoire, avocat, ouvrier, professeur, femme de ménage, apprenti, artiste...) se prêtent à ce double jeu.